SYMPTÔMES, TRAITEMENTS ET CAUSES DE LA DÉPRESSION
   

 


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Les psychiatres considèrent généralement qu'une personne souffre d'une dépression quand elle présente une série de symptômes associant un état morbide, une tristesse généralisée qui envahit tous les champs de son existence, une perte d'intérêt ou de plaisir dans la plupart des activités et un ralentissement de l'activité intellectuelle et motrice. Tout cela quotidiennement pendant une période d’au moins deux semaines.

Il est fort probable que les symptômes de la dépression recouvrent en réalité plusieurs mécanismes physiologiques distincts. Ces différences pourraient d’ailleurs expliquer pourquoi certains traitements aux antidépresseurs ont un effet bénéfique sur certains patients et pas du tout sur d’autres.

Même si on ne connaît pas les causes exactes de la dépression, on sait qu’un certain nombre de facteurs interviennent dans son développement. Ceux-ci interagissent entre eux, de sorte que la dépression, plutôt que d’avoir une seule cause, résulte la plupart du temps de la rencontre du «terrain» d'une personne avec un certain nombre de circonstances défavorables.

Parmi celles-ci, on distingue:

 

Les facteurs environnementaux

Des événements extérieurs à l’individu peuvent contribuer au développement d’une dépression, comme le décès d’un être cher, une séparation, la perte d'un emploi, des problèmes financiers, une blessure ou une maladie invalidante, etc.

On estime que près de la moitié des dépressions semblent être reliées à des situations stressantes. De plus, plusieurs études montrent que le stress en bas âge peut prédisposer au développement d’une dépression durant la vie adulte. Quand on sait les effets néfastes que provoque l’activation chronique de l’axe du stress sur la neurogenèse, on n’est pas surpris que l’inhibition de l’action puisse prédisposer sérieusement à la dépression.
 

Les facteurs psychologiques


L’histoire de la personne, fait de souffrances vécues pendant l'enfance, ou au contraire d’encouragements et d’occasions d’épanouissement façonne le caractère particulier d’un individu qui le rend plus ou moins sensible à la dépression.

Ceux qui éprouvent constamment des difficultés dans leurs relations, ont des problèmes de communication ou souffrent de solitude risquent davantage de vivre des épisodes dépressifs. De même, l'absence d'une relation étroite, de confiance, qu'il s'agisse d’une relation amoureuse ou amicale, peut augmenter le risque de dépression. La qualité du soutien que nous recevons de nos relations interpersonnelles contribue donc à réduire les réactions physiques et émotionnelles au stress et ainsi à protéger contre la dépression.

  Les facteurs génétiques (ou héréditaires)

On sait maintenant que des facteurs génétiques qui affectent le fonctionnement du cerveau peuvent rendre une personne plus fragile à la dépression.

Par exemple, les personnes dont les parents proches ont souffert d'une dépression ont 15 % de risque d’en développer une aussi alors que chez les personnes dont les parents proches ne sont pas dépressifs les risques sont de seulement 2 à 3 %. De plus, des enfants nés de parents ayant des antécédents de dépression mais adoptés par des parents ne souffrant pas de cette maladie risquent malgré tout de faire une dépression dans 15 % des cas. Chez les jumeaux identiques (donc possédant exactement les mêmes gènes), les probabilités pour un des jumeaux de vivre une dépression si l’autre en a vécu une montent à 70 %.

 

Même si certains gènes sont impliqués dans la dépression, il ne semble pas qu’ils déclenchent inévitablement la maladie. Ils se contenteraient de transmettre une susceptibilité à entrer plus facilement dans un état dépressif. Susceptibilité que des traits de caractères particuliers ou qu’un événement extérieur pourrait transformer en véritable dépression.

Il est également important de réaliser que peu importe le ou les facteurs ayant précipité une personne dans un état dépressif, qu'ils soient environnementaux, psychologiques ou génétiques, ceux-ci affecteront inévitablement l'activité de certaines régions cérébrales ainsi que l'action de certains neurotransmetteurs dans le cerveau. Ce sont ces bouleversements physiologiques qui, en bout de ligne, seront la cause proximale des symptômes de la dépression. Les facteurs précédemments décrits pouvant, quant à eux, être considérés comme des causes distales, ou ultimes. D'où l'importance de tenter de remonter jusqu'à elles par un travail psychothérapeutique, dont les conditions de succès nécessitent parfois une intervention pharmacologique préalable.



La dépression peut être considérée comme un désordre émotionnel au cours duquel certaines émotions sont vécues de façon très intense. Elle se distingue ainsi des désordres psychotiques, qui sont davantage des désordres reliés à la pensée. Il peut cependant arriver que l’intensité émotive d’une dépression soit telle qu’elle amène également des problèmes d’ordre cognitif.

surce :http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_08/a_08_p/a_08_p_dep/a_08_p_dep.html